Sigmund Freud (1856-1939)

L’origine de la psychanalyse

S. Freud, chercheur en neurologie à l’université de Vienne, est considéré comme le père de la psychanalyse. Ce terme, apparu en 1896 sous sa plume, désigne d’abord un mode d’exploration de l’inconscient puis devient une pratique thérapeutique.

Une brève histoire de la psychanalyse

Les circonstances de sa vie amènent Freud à s’installer en cabinet comme médecin neurologue à Vienne. L’observation, l’écoute et le soin de ses patients l’amènent à théoriser le fonctionnement de l’inconscient, puis la pratique de la cure psychanalytique, qu’il définit pour la première fois en 1904. Dès 1910 ses découvertes prennent une ampleur internationale : il est rejoint par de nombreux psychothérapeutes européens et américains. Dix ans plus tard, le corpus théorique est tel que la psychanalyse s’inscrit comme une nouvelle discipline des sciences humaines. De plus en plus de praticiens rejoignent l’association psychanalytique internationale, et la recherche s’étendra des adultes aux enfants, notamment grâce aux travaux de la fille de S. Freud, Anna Freud, de ceux de Mélanie Klein et de Winnicott, et plus tard en France ceux de Françoise Dolto. A partir des bases posées par Freud, la théorie en France et le savoir sur les processus thérapeutiques seront ensuite approfondis et renouvelés, essentiellement par Jacques Lacan dont certains concepts sont aujourd’hui largement utilisés par les praticiens.

La découverte de la psychanalyse par Freud

Freud se montre un étudiant brillant, intéressé par les langues, la philosophie, les sciences naturelles. Il choisit finalement la médecine et se spécialise dans l’étude des nerfs. Devenu médecin, il obtient une bourse pour se rendre à Paris suivre l’enseignement de J-M. Charcot, célèbre professeur de neurologie à la Salpêtrière, qui s’intéresse à la névrose hystérique et pratique l’hypnose. Admiratif, Freud s’intéressera lui aussi à l’hypnose et se rendra à l’école de Nancy pour y parfaire sa technique. De retour à Vienne, Freud s’installe en cabinet, mais n’obtient pas les succès qu’il espère auprès de ses patients atteints de « maladie nerveuse ». Dans le même temps, un ami et confrère, Joseph Breuer, lui fait part du cas d’une patiente qu’il soigne depuis de nombreux mois et qui souffre de nombreux symptômes sans cause organique. Breuer remarque que lorsqu’elle parvient à se souvenir de certains épisodes de sa vie chargés d’émotion, abordés préalablement sous hypnose, certains de ses symptômes disparaissent pour ne plus revenir. Alors qu’il se contentait de l’écouter attentivement… Cette patiente, Anna O, baptisera ce soin « cure par la parole » et Breuer, « méthode cathartique ». A partir ce cas et de sa pratique de médecin, Freud avancera dans sa réflexion sur l’hystérie. Il publiera ses premières études en 1895 et proposera en 1904 une technique thérapeutique qu’il nommera « la cure psychanalytique », que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de « psychanalyse ».

Ouvrages

Défenseur des théories de Charcot, Freud décrit l'hystérie masculine devant la Société des médecins de Vienne, se mettant à dos ses confrères pour qui cette maladie était exclusivement féminine. Quand il publie ensuite ses premiers travaux sur l’inconscient, il est mis au ban du milieu médical conventionnel. Heureusement, certaines personnalités entrevoient la portée de ses découvertes. Peu à peu un groupe de psychanalystes se forme autour de lui, et dès 1920 l’œuvre de Freud est reconnue internationalement. La première traduction d’un de ses ouvrages en français date de 1922 : il s’agit de l’« introduction à la psychanalyse ». Freud a produit une littérature dense, dont «Psychopathologie de la vie quotidienne», « L’interprétation des rêves », « Trois essais sur la vie sexuelle », « Totem et tabou » ou « Malaise dans la civilisation ». Dans ce dernier ouvrage, qu’il écrit en pleine montée du nazisme, il applique à l’histoire ses découvertes sur l’inconscient. Il compare la guerre au rêve et ses mécanismes, en tant qu’elle opérerait un « déshabillage moral », une levée de la censure qui donnerait libre cours à l’expression de pulsions agressives, refoulées en temps normal par les contraintes sociales. Dans ce contexte, Freud ainsi qu’une partie de sa famille de culture germanique et juive, devront trouver refuge à Londres, en 1938. Alors qu’il lutte contre un cancer de la mâchoire, Freud y meurt un plus tard.

Principaux concepts

Premier médecin à parler de conflits mentaux et de traumatismes émotionnels, Freud a révolutionné la psychiatrie traditionnelle de son époque alors fondée sur le biologique et l’organique. Il va interpréter le rêve, « la voie royale qui mène à l'inconscient», et poser des concepts comme la pulsion et le refoulement, le ça le moi et le surmoi, la névrose, l’acte manqué, le lapsus, le complexe d’Œdipe … tout un corpus théorique qui a profondément influencé notre culture et notre représentation de l’homme. Il nous apprend aussi l’importance du transfert dans la pratique psychanalytique.